L'épanouissement ou l'art de se prendre la tête pour pas grand chose
Parce que ça fait quelques jours déjà que j'y pense, que j'y réfléchis, que je me prends la tête, que je suis "intriguée" par ce mot.
Parce que, parfois, il faut vraiment se retourner la tête pour comprendre quelque chose de simple.
Parce que parfois, on préfère ne pas penser à certaines choses.
Parce que c'est humain de fuir plutôt que d'affronter la réalité des choses.
Parce que ce mot est apparu "par hasard".
Parce que ce mot n'avait pas de sens pour moi.
Voilà pourquoi, la simple évocation de ce mot "EPANOUISSEMENT" a créé en moi interrogations, incertitudes et réflexions (ouais ouais rien que ça...^^)
Naïvement donc, j'ai pensé aux mots que je pouvais associer à "épanouissement", c'est-à-dire évoquer les composantes de cette sensation, des mots qui font qu'un jour j'ai pu (ou du moins voulu) m'affirmer (et me convaincre) que j'étais "épanouie".
La liste est simple et pour le moins "attendue". Rien d'original là dedans...
Epanouissement: sourire, musique, soleil, amitié, complicité, amour, ciel bleu, musique, printemps, famille, nature, rire, calins, bisous, culture, écrire, lire, réfléchir, grandir, coca, pop tarts, boulot super....blablablablabla....en bref, un ensemble de choses plutôt "banales" mais qui contribuent largement à l'épanouissement (le mien?).
Mais cette liste, plutôt réductrice, m'a plongé dans un doute inconmensurable (j'adôre ce mot, il participe donc aussi à mon épanouissement^^).
Après avoir dréssé cette douce liste, je me suis dit que NON, ça n'était pas possible, l'épanouissement ça ne peut pas être QUE ça.
Alors, connement, j'ai regardé la définition dans le dico.
Quelques synonymes d'"épanoui": heureux, béat, ravi, radieux, joyeux...
Autre problème à soulever donc. L'épanouissement= bonheur?
Dire "je suis heureuse"= "je suis épanouie"?
C'est là que j'ai un petit problème.
Je ne doute pas qu'au niveau du bien être ressenti, les sensations soient les mêmes...mais pour moi, (ça n'engage que moi hein...^^) l'épanouissement est un stade au dessus....loin devant devant le simple fait de dire "je suis heureuse".
En quelque sorte, l'épanouissement, c'est le stade utime (et idéal) du bonheur. C'est un stade où tu te sens bien...super méga hypra bien...mais pour plus longtemps que quelques heures, quelques jours.
Etre épanouie c'est un idéal, qui, comme, tout idéal, ne s'atteint pas.
On peut avoir la sensation d'être épanouie, certes, et heureusement d'ailleurs. Mais c'est tout. On ne l'est pas vraiment.
Et puis être épanouie c'est à long terme...et c'est sur TOUS les niveaux: personnel,professionnel.
Dur dur à avoir tout ça. Et même quand on l'a....la première chose à laquelle on pense c'est la chance que l'on a d'avoir ça mais surtout la peur de tout perdre.
En quelque sorte donc, on peut avoir TOUT pour être heureux, épanoui, mais...on tue cette possibilité en ayant peur de tout perdre.
Je fonctionne comme ça, je ne prends jamais la peine (et le courage) de profiter totalement des choses, jamais. Toujours le peur, le doute, l'incertitude.
Y'aurait-il des gens doués pour le bonheur et l'épanouissement (ceux qui ne se prennent pas la tête parce que justement ils vont bien) et des gens handicapés du bonheur (ceux qui ont toujours besoin d'être rassurés quant à la potentielle longévité de leur bonheur)?
Parfois, j'en arrive à me dire que OUI, y'a des gens doués pour ça (je n'en fais pas partie...) et les autres, ceux qui ne parviennent pas à mettre de côté certains faits marquants du passé, certaines choses qui les ont marqués à vif, qui a constitué ce qu'ils sont maintenant.
Alors, oui certainement, cette seconde catégorie conçoit que l'épanouissement est un idéal inatteignable car personne ne peut prétendre être heureux à long terme, personne n'est à l'abri d'un revirement, d'un naufrage...Pour certains, cette vision peut paraître pessimiste "oh la pauvre petite elle ne croit pas au bonheur blablablabla"....MAIS ce n'est pas être pessimiste que de penser ça, loin de là....
On peut très bien vivre sans cette quête du bonheur, oui on vit très bien. On apprend beaucoup, on vit beaucoup. Au contraire, on ose, on ose bouleverser sa petite vie qui nous menait droit au "bonheur" (du moins à ce qui est considéré comme bonheur et épanouissement par beaucoup: un mari, une maison, des enfants, un chien, un boulot de folie...), on ose se poser des questions: est ce que ça me convient vraiment cette vie? Est ce que c'est bien ce que je veux?
En somme, appartenir à la seconde catégorie c'est réfléchir.
Il n'y a donc aucune honte à ne pas croire au bonheur. Certes, on nous le fait croire....oui oui oui...aujourd'hui il FAUT être heureux, épanoui sinon...le monde extérieur juge. "Ah regarde, tu vois cette fille, elle avait TOUT pour être heureuse, et puis du jour au lendemain elle a tout envoyé ballader pour ça..." "mais non je ne peux pas quitter mon mari, j'ai tout pour être heureuse avec lui, il m'aime, j'ai des enfants, une bonne situation...." blablablabla....
On nous impose, plus ou moins, une voie à suivre, un épanouissement à ressentir, un bonheur à vivre.
On doit être heureux.
Sinon...
Sûrement pour ça, d'ailleurs, que de nombreuses personnes (dont moi) ont autant de mal à assumer qu'elles ne vont pas bien, que parfois, oui, ça leur arrive de voir tout en noir (ou gris foncé).
Difficile de répondre "non" à la question désormais habituelle et sans signification "ça va".
Difficile d'assumer certains choix, car tout le monde ne comprend pas.
Difficile de faire comprendre aux autres, que le bonheur n'est pas le même pour tout le monde, qu'un individu peut avoir besoin d'autre chose pour être bien, que la simple perspective d'avoir une vie digne de 7 à la maison n'est pas forcément l'idéal pour tous.
Difficile donc...d'être heureux, épanoui, bien...
Mais
Je n'ai pas besoin d'être épanouie pour voir la vie du bon côté, pour sourire pour un rien, pour ressentir un bien être immense et intense.
Jamais vous ne m'entendrez dire que je suis heureuse, jamais (même s'il ne faut jamais dire jamais...).
Le bonheur, ça m'emmerde profondémement, pas envie de perdre trop de temps à le chercher, parce qu'il ne vient pas de lui même et surtout parce que s'il vient à ma rencontre, il croisera de nombreuses barrières.
Oui...pour que le bonheur soit là, il faut une belle piste d'atérissage...et moins c'est tout encombré par beaucoup de choses...beaucoup de vieilles choses....
Je n'ai pas besoin d'être heureuse, car je ne le serai jamais: trop de torture psy, de peur...mais je vais bien, car je suis bien.
Tout va bien ... :-D
Vraiment bien...mais pas suffisamment bien pour ne plus avoir peur.
Aucun problème...
Doit-on toujours être heureux?
Ndlr: article sûrement incompréhensible...'cause je délire...fièvre etc...